
Bram van Rens est Stratège Principal en Données chez Blue Radix. Dans cette interview, il explique ce qu'est la science des données et comment il l'applique. Il révèle également sa valeur ajoutée pour l'horticulture sous serre, non seulement dans la culture autonome, mais aussi en anticipant les futurs développements de la science des données dans l'industrie serricole.
Parlez-nous un peu plus de votre parcours et de votre arrivée chez Blue Radix.
“J'ai grandi dans un village du Limbourg, aux Pays-Bas. Adolescent, j'ai eu un bref emploi à temps partiel dans une petite serre de poivrons, mais je n'ai plus eu de lien avec l'horticulture pendant longtemps après cela. J'ai étudié la physique appliquée à Enschede, puis j'ai obtenu mon doctorat à l'Université d'Amsterdam. Après cela, j'ai souhaité m'orienter vers un travail plus appliqué. Une entreprise de technologie médicale renommée à Eindhoven m'a attiré avec un poste intéressant dans l'innovation produit.
J'y ai travaillé pendant dix ans, puis j'ai rejoint AgroEnergy il y a environ cinq ans. C'est là que j'ai retrouvé l'horticulture sous serre après une longue interruption. En tant que Senior Data Scientist, j'ai travaillé sur des solutions énergétiques intelligentes et basées sur les données, et j'ai réellement constaté à quel point l'horticulture est innovante, polyvalente et complexe.
C'est pourquoi j'ai saisi l'opportunité de rejoindre Blue Radix l'année dernière. Ici, je peux approfondir encore davantage mes connaissances en horticulture et utiliser mon expertise en science des données pour relever les défis technologiques complexes du secteur horticole.”
Quel est votre rôle et quelles sont vos responsabilités ?
“Mon poste chez Blue Radix est celui de Stratège Principal en Données. Je travaille sur de nombreux sujets différents impliquant les données et la science des données, afin de faire évoluer la culture autonome. La science des données est un domaine multidisciplinaire où les méthodes issues des mathématiques, des statistiques et de l'informatique se combinent avec la connaissance du domaine pour extraire des informations significatives de (grands volumes de) données afin de créer des produits et services intelligents.
L'un de mes principaux domaines d'intérêt chez Blue Radix est de traduire les défis et les problématiques commerciales de nos clients en solutions de science des données innovantes et pratiques, applicables dans les serres du monde entier. Ces solutions incluent, par exemple, l'optimisation du climat de la serre, la génération de points de consigne pour un pilotage optimal des installations, ou la prédiction du rendement. Je suis membre de l'équipe de développement produit, je collabore donc naturellement étroitement avec tous ses membres.
Je veille également aux dernières avancées en science des données et en intelligence artificielle afin de maintenir nos connaissances et compétences à jour. Nous explorons de nouvelles méthodes pertinentes et, si nécessaire, nous sommes soutenus par des partenaires.
Je travaille également en permanence sur notre stratégie de données et d'analyse. Nous anticipons les données, la qualité des données, les analyses et les algorithmes dont nous aurons besoin pour concrétiser les futures applications de la culture autonome. Dans cette stratégie, j'intègre également les résultats des projets de recherche scientifique auxquels je participe, tels que FlexCrop (optimisation de l'utilisation de l'énergie en serre par une gestion flexible des cultures).”
Quels sont les plus grands défis de votre travail ?
“C'est une question difficile, car les défis sont nombreux ! Mais pour en citer un personnel, il s'agit de trouver l'équilibre entre le développement d'une solution parfaite et la mise à disposition d'une solution qui apporte déjà de la valeur à un stade précoce. Je suis perfectionniste de nature et je vois souvent des moyens d'améliorer encore une solution, même si nous disposons déjà de quelque chose de très précieux pour nos clients. Au fil des ans, j'ai appris à mieux trouver cet équilibre, mais cela nécessite une attention constante de ma part. Ce qui aide également, c'est notre façon de collaborer au sein de l'équipe de développement produit et de Blue Radix dans son ensemble. Nous nous engageons réellement pour la qualité, tout en ayant pour objectif de commercialiser toute valeur ajoutée le plus rapidement possible.
L'un des défis de la science des données est d'obtenir des volumes de données suffisants et d'une qualité adéquate. Cela inclut, par exemple, les données de l'ordinateur climatique, des capteurs et de la météo. En général, plus les données sont nombreuses et de bonne qualité, plus nos solutions fonctionnent de manière optimale. Nous avons réussi à relever ce défi grâce à une excellente coopération avec nos clients, et nous continuerons bien sûr à le faire.”
Comment envisagez-vous l'avenir de la science des données dans l'industrie serricole ? Quelles sont les perspectives ?
‘Nous n'en sommes qu'au début de la culture autonome ; il reste encore beaucoup à développer pour gérer tous les processus impliqués. Par ailleurs, j'envisage des développements dans plusieurs thèmes généraux où la science des données jouera, selon moi, un rôle important.
L'un de ces thèmes est la minimisation de l'empreinte écologique. Le secteur horticole y travaille déjà activement. Je pense que la science des données accélérera considérablement ces développements, car des volumes croissants de données, provenant de nombreuses sources, deviennent disponibles et peuvent être combinés. Cela permet de réduire significativement l'empreinte en optimisant, par exemple, l'utilisation de l'énergie, de l'eau, des nutriments et des pesticides, tout en maximisant bien sûr le rendement et la qualité.
Le second développement est en fait une extension de celui-ci : l'optimisation de la chaîne. J'entends par là l'ensemble de la chaîne, de la production à la consommation, c'est-à-dire de la semence, la culture, la production, le stockage, le transport, la vente et le marché (supermarché), jusqu'à l'expérience du consommateur final. Cela implique évidemment de grands volumes de données avec des relations et des influences très complexes entre les différentes étapes de la chaîne. La science des données offre les moyens d'effectuer des analyses approfondies, des prédictions et des optimisations sur ces données. Par exemple, pour fournir des aperçus sur les goulots d'étranglement logistiques, générer des prévisions de ventes robustes, améliorer la qualité et accroître la satisfaction client.
Je crois que ces développements contribuent au caractère unique et à la durabilité de l'horticulture dans son ensemble, et des producteurs en particulier, assurant ainsi la continuité des activités. En bref, dans l'horticulture sous serre, la science des données s'impose.”